01/02/09 Les commissions de réflexion en ordre de marche !
"Combien d'hommes voyagent ils au-delà de leurs propres horizon"
Stanislaw Jerzy Lec (écrivain polonais 1909-1966)
Voilà ce qu'il nous faudra : voyager au delà de nos propres horizons !
C'est le sens même du Club: entrer dans une réflexion citoyenne en élargissant nos horizons habituels et nos réflexions singulières pour percevoir les équilibres qui donneront toutes ses chances à notre Métropole. Echanger et mettre en forme nos analyses et nos critiques afin de convaincre que nos propositions et nos candidats pourront, le moment venu nous rendre la fierté d'être amiénois.
En ordre de marche
Notre Club "Imagine Amiens" se met en ordre de marche.
Nous avons constitué des groupes de travail pour avancer dans nos analyses et nos propositions Nous ne sommes ni un parti politique ni un comité de technicien. nous n'avons pas en charge le militantisme, par ailleurs indispensable, qui doit, lui, mobiliser beaucoup de monde sur le terrain. Nous n'avons pas en charge non plus la gestion quotidienne qui revient à une administration.
Notre tâche est autre. Dans un monde que la crise mondiale vient compliquer encore plus, nous devons réfléchir aux missions qui incombent à notre ville, à notre agglomération "Amiens Métropole" et examiner si ce qui est proposé (ou pas) par l'équipe actuelle va dans le bon sens et faire nos propres analyses et nos propres propositions.
Les problèmes structurels d'Amiens et d'Amiens Métropole sont connus.
D'abord l'attractivité qui conditionne l'emploi et sans quoi rien n'est possible
Elle s'est beaucoup améliorée mais si nous sommes passés d'une image négative à une image positive, nous sommes loin encore dans le palmarès des villes que les entreprises convoitent, que les étrangers plébiscitent ou que les Français citent spontanément lorsqu'on les interroge. Pourtant, si nous voulons créer les emplois souhaités et y attirer les compétences voulues, c'est bien cette attractivité qu'il nous faut développer à tout prix. Pour la cerner il suffit d'écouter le chef d'entreprise qui vient interroger nos services économiques:
- Quel urbanisme, quels terrains aménagés, quels bureaux bien situés me proposez-vous et à quel prix ?
- Sur quelle main d'œuvre formée puis-je compter?
- Quelle desserte haut débit m'offrez-vous?
- Où vont loger les cadres que je compte faire venir?
- Quelles écoles pour leurs enfants? Quels collèges, lycées, quelle université ?
- Quelles sont les offres de soins?
- Quelle sécurité ?
- Quels sont les loisirs, les lieux de détente, de culture, de sport, les pistes cyclables, la qualité de l'air et la pollution, la circulation et le stationnement ?
- Quelle est la fiscalité locale ?
Les exigences augmentent sans cesse et dans la compétition des villes, ne pas avancer vous fait vite reculer !
Ce sera, si vous le voulez bien, notre premier thème de réflexion et notre premier critère d'analyse des politiques en cours et nos premières propositions. Nous n'allons pas faire une commission fourre-tout, mais au contraire des petits groupes de travail de trois ou quatre personnes avec un rapporteur qui rendra compte à la prochaine Assemblée Générale. Le rapporteur travaillera à partir des écrits des uns et des autres car nous ne sommes pas un club de bavardages mais de réflexions documentées passées aux cribles de la logique, du possible, du concret, du finançable.
Depuis plus de cinquante ans nous avons les plus mauvais résultats scolaires de France
Ensuite le retard scolaire : notre académie est, depuis qu'existent les statistiques, dernière ou avant dernière des académies françaises pour les résultats au BAC ! C'est pourtant sur le niveau de formation que va se faire le tri entre les régions de progrès et les régions de déclin. La chance de la Californie n'est plus ni l'or, ni le pétrole mais les intelligences du pays et du monde entier qui viennent s'y former puis s'y installer. A Amiens beaucoup a été fait pour l'Université et il faut poursuivre, mais les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, exagérées peut-être ?
Ce qui est certain c'est qu'il faut prendre le problème à la base. C'est dès l'école primaire qu'il nous faut agir et plus encore peut-être dans l'accompagnement personnalisé des jeunes enfants en difficulté. Justement, les technologies de l'information et de la communication apportent, dans tous les pays développés, des moyens nouveaux et performants pour améliorer le processus scolaire. Amiens, grâce à Gilles de Robien est une académie pilote. Comment aller plus loin avec les maîtres, les parents, les enfants ?
La formation continue aussi est à revoir. Là encore, la Picardie ne parvient pas à rattraper son retard et l'argent dépensé (des centaines de millions d'euros n'y changent rien.
Ce pourrait être notre second thème de réflexion en écoutant les maîtres, les parents, les spécialistes pour que du primaire à l'université nous trouvions enfin les chemins de la réussite.
Le problème n'est pas de grossir mais de s'organiser pour donner plus d'efficience à nos moyens et d'ambitions à nos politiques
Notre troisième handicap est la taille : être plus petit n'est pas nécessairement un handicap. Si on me donnait le choix entre vivre à Monaco ou à Pékin, je n’hésiterais pas beaucoup. Ce qui coûte cher et handicape le développement c'est lorsqu'on doublonne des équipements dans chacune de nos communes par manque d'organisation et de concertation!
Peu importe les formules qui seront retenues si au bout du compte les doubles emplois, les redondances, les services obsolètes, voire dangereux, sont limités.
Nous pouvons nous féliciter aujourd'hui d'avoir su organiser, sans double emploi, les services de proximité dans la ville, avec des élus dédiés et les communautés dans l'agglomération. Ainsi, les communes périphériques comprenaient mieux les problèmes des secteurs d'Amiens et réciproquement.
On nous envie partout le bon sens qui nous a fait mutualiser les services de la ville et ceux de la Métropole avec une seule Direction Générale et des bâtiments communs là où, le plus souvent on a voulu deux bâtiments et deux services…
Voilà le troisième thème qui vous est proposé. Comment concilier l'indispensable proximité avec la recherche d'une taille qui permette de traiter à une échelle convenable les problèmes clé du développement économique, de la sante, de l'éducation, de l'environnement, de la culture ou du sport comme des transports ou du stationnement.
Pour espérer ensemble il faut se sentir solidaire
Parce qu'il n'est pas de vie collective sans solidarité et cohésion sociale nous devons trouver le moyen de briser le cercle infernal des villes comme les nôtres : les besoins quotidiens sont tels, que toutes nos ressources n'y suffiraient pas alors même qu'il nous faut aussi et impérativement préparer un futur qui sans cela serait plus difficile encore.
Personnes âgées, handicapés, pauvreté, logement social, crèches et garderies… et tant d'autres que la vie a durement touché et qui n'espèrent que de la collectivité avec le risque toujours présent de passer de l'aide à l'assistance, de l'assistance à la démagogie et de la démagogie au clientélisme. Voilà encore un thème ou l'imagination doit vite compléter la sensibilité sauf à consacrer au présent les ressources dont notre avenir sera privé.
Point n'est besoin d'être membre du Club pour donner votre opinion. Vous pouvez répondre à chaque écrit et être publié en direct car tout débat de bonne foi enrichit.
Notre seule ambition : Imaginer Amiens !
