Sécurité
La question de la sécurité, prise dans le sens le plus large de son acception, constitue l’une des préoccupations majeures de nos concitoyens. Sujet sensible par excellence, notre réflexion doit éviter l’écueil de la démagogie comme du tout consensuel si l’on ne veut pas être caricaturé.
Si le club s’est penché prioritairement sur ce thème, c’est également parce que la nouvelle majorité a décidé d’y inscrire sa première « marque » de manière brutale, précipitée et par trop idéologique.
Au-delà de la polémique que peuvent susciter telle ou telle statistique, les faits sont là : la délinquance n’a cessé de progresser de manière spectaculaire depuis la fin du second semestre 2008. Sur le premier semestre 2009, les faits de violence urbaine comme par exemple les véhicules incendiés ont augmenté de plus de 100 % par rapport à la même période de 2008 (141 véhicules incendiés de janvier à fin juillet 2008 pour 289 véhicules incendiés en 2009 sur la même période).
Or la politique municipale doit être au cœur de la politique locale de sécurité des personnes et des biens. Le Maire occupe en effet une place centrale en matière de prévention de la délinquance et se doit de garantir et de favoriser l’interaction des services nationaux et locaux pour établir une véritable politique cohérente, pragmatique et déterminée.
Faire un constat
Les faits d’insécurité sont en hausse et le phénomène prend une ampleur inquiétante depuis près d’un semestre. Il n’est pas proprement amiénois mais la capitale picarde se place au-dessus de la moyenne nationale.
C’est le sentiment lui-même d’insécurité qui se trouve également accru parmi les riverains. L’absence d’écoute de la municipalité, le rejet systématique des difficultés du quotidien sur la police nationale, des discours qui oscillent entre démagogie et recherche absolue de consensus ont fini par désespérer les habitants.
La création de « pôle prévention » aux contours souvent confus rappelle dangereusement la politique des « grands frères » menée en son temps au résultat plus qu’aléatoire.
Le moratoire décidé concernant la vidéo protection et ce à rebours des politiques urbaines menées en France ne peut que renforcer noter appréhension.
Pistes
Pour une redéfinition des missions de la police municipale
Un service public exige une commande publique, celle des usagers, et des résultats en termes de moyens et d’action.
Dans cet esprit, les réductions d’horaires de présence sur le terrain de la police municipale ne peuvent que nous alerter : sur le quartier Saint-leu, le créneau 16h00 – 04h00 a été ramené à 18h00-02h00. Comme « la sécurité n’a pas d’horaire », il faut adapter la présence effective des policiers aux besoins réels des habitants ainsi ans les zones dites sensibles, pour lutter conter le tapage nocturne ou encore « maîtriser » les rassemblements dans les cages d’escaliers.
Au concept parfois flou de « police de proximité », nous préférons instaurer l’habitude de la proximité de la police. Avec un budget de fonctionnement de 6 millions d’euros annuels et 87 policiers municipaux (144 avec les auxiliaires), la police municipale ne peut répondre avec efficacité aux besoins des riverains. Un effort doit être fait dans ce domaine pour porter les effectifs réels à 100 policiers, voire un agent pour mille habitants. La création d’une police métropolitaine, mutualisant les énergies et les moyens, pourrait être aussi envisagée. Assister les citoyens dans leur démarche, être à l’écoute des victimes et de leurs familles, donner des conseils en sécurité doivent faire partie des missions de proximité essentielles au bien vivre ensemble.
Favoriser l’interaction avec la police nationale et la gendarmerie
Afin de sortir du discours dédouanant l’inaction municipale et stigmatisant la police nationale, nous proposons de renforcer les liens avec les différents acteurs locaux de la sécurité publique. Il faut restaurer un climat de confiance entre tous ces partenaires.
Le développement de la cellule statistique, de veille et d’intelligence économique pourrait être aussi valorisée et rendue efficiente par une politique globale de la sécurité et de la prévention à l’échelle de la Ville, de la Métropole et du département.
Promouvoir de nouveaux outils
Un club comme le nôtre doit être audacieux et suggérer des pistes aussi imaginatives que fructueuses. S’il semble acquis qu’armer la police municipale d’armes de première catégorie ne représenterait guère de solution satisfaisante, la mise en place de brigades canines, voire d’une brigade montée, à vocation également environnementale, pourrait envisagée.
La vidéo-protection, dans le respect des libertés individuelles et dans un souci d’efficacité peut être améliorée et développée à l’échelle de la métropole.
Rendre plus efficace et plus active la lutte contre toutes les formes d’incivilité
La politique de sécurité ne doit pas apporter de réponses cloisonnées. Les dégradations quotidiennes, l’absence de propreté des rues, l’insécurité dans les transports en commun nécessitent une réactivité que seule une stratégie globale.
Une politique de prévention habile
La sécurité de chacun nécessite un travail en amont de tous les acteurs de la cité. De l’amélioration de l’éclairage au dialogue, de la diversité des approches selon les quartiers à l’élaboration d’une politique éducative et sociale ambitieuse, c’est avec le concours des familles, des responsables politiques et associatifs, de la police, que nous pourrons aider à rendre notre cadre de vie plus serein et plus propice au vouloir vivre ensemble.
La prévention ne pourra se faire sans les habitants : le conseil des droits et des devoirs pour les familles issu de la loi du 05 mars 2007 est un signe encourageant mais devra être améliorée afin de ne pas culpabiliser les parents. La mise en place de relais parmi les riverains est aussi un chantier sur lequel nous pouvons œuvrer.
Enfin, une réflexion sur la sécurité ne peut faire l’économie d’une politique du logement, nouvelle et audacieuse, qui doit s’inscrire au cœur de nos priorités.
